S’adapter ou mourir d’Antoine Renand


En ce moment même, tu scrolles ton fil d’actualité.

Tu fais défiler les images, tu es là, c’est ton rituel quotidien, tout va bien !

Et pourtant, pour voir toutes ses belles images, il y a des modérateurs qui contrôlent tout ou presque ce que tu regardes !

Oui, pour ton bien être, ils ont supprimé d’un clic les images obscènes, violentes, impensables.

Des images qui traumatisent et qui restent bien ancrés dans l’esprit jusqu’à en devenir fou.

Ils sont là, toute la journée à les regarder et à les supprimer.

Un job difficile que fait, Arthur, un des protagonistes de S’adapter ou Mourir.

À 40 ans, sa vie dérape, sa femme le quitte et très peu croit en lui sur ces prochaines réalisations cinématographiques. Il doit alors trouver un job alimentaire et ce sera modérateur pour Lifebook. Après tout, il reste dans son domaine, le monde de l’image, fenêtre sur notre société.

Derrière l’écran, une adolescente tchat avec un inconnu. Il est devenu son confident, elle est en confiance… Elle fugue et entraîne avec elle, son petit ami. Ils se réfugient chez lui.

Le piège se referme, l’enfer commence… À ce moment précis, tu te dis sans doute « ça commence à devenir intéressant » mais tu n’en seras guère plus pour deux raisons.

La première, un modérateur est sans doute en train de lire mes mots ou plutôt il recherche par mots clé, les termes interdits. Et, hop en un clic, il supprime.

Et là, c’est le drame !

La seconde est très simple : aucun mot ne peut retranscrire ce livre complètement dingue.

Oui, S’adapter ou mourir, est une lecture hors norme.

Dès les premières pages, il t’enferme dans l’antre du mal.

Le livre est comme un écran et tu es derrière en pensant que naïvement rien ne peut t’arriver…

Chaque page nous dévoile l’horreur, l’inimaginable et malgré tout, nous continuons de tourner les pages.

C’est la force d’Antoine Renand, il a le don de jouer avec nos limites et de déplacer un peu plus notre zone de tolérance.

Il maîtrise parfaitement la frontière à ne pas dépasser tout en nous poussant dans nos propres limites. Et c’est judicieux, il nous interroge subtilement sur notre propre regard, notre perception sur le mal, la violence, la cruauté, l’humain et sur la société.

Une intrigue diablement bien ficelée qui nous entraîne dans les méandres du mal.

Une fois de plus, Antoine Renand nous rend insomniaque, accro à ses mots, impossible à lâcher, lu en 24h.

Ici pas d’empathie (âme sensible s’abstenir), ferme les yeux (oui ce sera souvent nécessaire) et adapte toi vite sinon gare aux

conséquences !

Alors, prêt ?

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