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Otages de Nina Bouraoui


Une lecture coup de poing, un uppercut direct au cœur qui me laisse encore des traces même après l’avoir lu 3 semaines après...

Direction le ring, le lecteur découvre un monologue celui d’une femme, Sylvie Meyer, la cinquantaine, mère de deux enfants, séparé de son mari. Elle travaille à Cagex, une entreprise de caoutchouc où elle supervise des ouvrières.


Round 1 🥊

La vie de Sylvie est ordinaire et comme elle le dit parfaitement bien, elle côtoie « le bonheur moyen ».

Sylvie, une femme qui fait les choses bien. Soumise à son mari, à son employeur, elle se contente de faire ce qu’on attend d’elle.

Sylvie est sur le ring, passive. Elle n’est pas encore prête au combat. Elle prend les coups, les accepte mais jusqu’où ?


Rond 2 🥊

Son mari l’a quitte du jour au lendemain, sans raison.

Son patron lui explique que la société se porte mal. Il a grandement besoin d’elle et lui confie une mission : réaliser une liste des salariés qui sont les moins compétents (ceux qui sont en retards, les rebelles, les moins productifs...) afin de les licencier.

Sylvie est sur le ring face à ces deux hommes. Sa position est la garde. Pas de réaction, elle exécute.

Elle ne retient pas son mari. Et oui, elle l’a faite sa liste avec assiduité et même avec ardeur !

Elle les note les noms un par un, crée, modifie pour que sa liste soit la plus parfaite. Le combat est absent. Elle prend les coups et se donne elle même les coups. Son destin lui échappe, elle ne maîtrise plus rien, juste otage de sa propre vie.


Round 3 🥊

La position de garde se réveille, elle ne se contente pas de faire une parade ou une esquive, elle y va direct : coup d’arrêt.

Elle franchit la ligne, c’est sans appel, l’arbitre la disqualifie.

Un match perdu et pourtant, elle a gagné. Une victoire où il n’est plus question d’emprise mais de liberté salvatrice.


Après le match 🥊

Otages est le portrait d’une femme, celle d’une voix qui se cache dans l’ombre et qui subit au quotidien le pouvoir des hommes. Nous écoutons ses confessions,

et au fil des mots, nous prenons des coups.

Des directs, des crochets et des uppercuts nous assènent à chaque page. Des coups qui raisonnent en nous car nous connaissons cette violence ...

Qui n’a pas subit le dénigrement, le harcèlement ?

Impossible alors d’esquiver sa voix, nous sommes de simples témoins. Passif, nous attendons comme elle jusqu’au moment où elle commet l’irréparable.

Un geste incommensurable, et pourtant nous comprenons son acte face à cette vague de violence.

Nina Bouraoui signe avec Otages, un cri de révolte, celui de Sylvie qui est le cri de toutes les femmes.

Un texte puissant qui m’a mise KO.

Alors êtes-vous prêt à monter sur le ring ?