Le ghetto intérieur de Santiago H Amigorena

Mis à jour : 13 déc. 2019

Se souvenir pour le devoir de mémoire

Oublier c’est se perdre, fuir ce que l’on est.

Alors forcément, il est plus facile d’être heureux que celui qui se souvient.

Les souvenirs constituent tel un puzzle la mémoire qui font ce que nous sommes, notre identité.

C’est le sujet du guetto intérieur Santiago H Amigorena @editions_pol lu grâce au grand prix des lectrices Elles que je remercie car je serais sûrement passé à côté de ce récit poignant et bouleversant.

Nous sommes en 1940, Vicente juif polonais vit en Argentine avec sa femme et ses deux enfants. Ils sont à des milliers de kilomètre de la guerre. Une guerre qui leur échappe et qui pourtant touche sa mère et son frère qui résident toujours en Pologne.

Vicente et sa petite famille vivent dans un paradis perdu, en paix. Il se sent d’ailleurs si bien qu’il oublie ses racines, il se sent plus argentin que

Juif ou polonais. Pendant ce temps à Varsovie, les allemands bâtissent un mur, un guetto. Une zone d'à peine trois kilomètres carrés où vont vivre plus de quatre cent mille personnes. Les allemands mettent alors en place leur plan abjecte pour régler la question juive, onze millions de personnes à assassiner. Vincente ne sait pas grand chose ou du moins il préfère le déni pour vivre. Il reçoit les lettres de sa mère qui lui raconte son calvaire, la faim, la survie. Au fur et à mesure des mots, Vincente prend alors conscience de l’horreur et de son héritage familial. Il est là, il ne peut plus fuir son identité. Ses racines le rattrapent dans son paradis. Il s’enferme alors dans le mutisme, son guetto intérieur. Rongé par la culpabilité, et si loin de ses proches, de ses origines , à l’abri de l’ennemi, Santiago H Amigorena peint avec pudeur le poids de l’héritage familial et souligne comme problématique : que signifie être juif ?

Il tente de nous répondre via sa voix , Santiago, petit fils de Vicente.

Le guetto intérieur est à lire absolument, une quête identitaire à la recherche de non pas ce que je suis mais de ce que nous sommes.

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