La soustraction des possibles de Joseph Incardona


aujourd’hui je vous parle d’un livre hors norme, inclassable, la soustraction des possibles de Joseph Incardona @editionsfinitude

Un roman qui détone, qui casse les codes conventionnels de la littérature.

A sa lecture, il m’a rappelé l’univers de Quentin Tarantino : une construction originale, un rythme soutenu, et surtout une identité visuelle quand on voit ses films. On sait que c’est lui, il en est de même avec Joseph Incardona, un style qui ne ressemble à personne.

Ce ne sont pas des mots qui défilent mais des images à nous couper le souffle.

Le film commence, flash-back dans les années 80.

Une période florissante, pas de crise financière à l’horizon mais une pluie de golden boys qui ont le vent en poupe et qui font rêver.

Une période idyllique pour faire passer des valises en Suisse, destination number one pour les hommes en costard et les femmes en tailleur.

La caméra s’avance, gros zoom sur Aldo, professeur de tennis désabusé, qui agrémente sa vie en séduisant ses clientes fortunées. Oui, lui aussi veut toucher du fric, le respirer, le sentir.

Alors oui, il est gigolo et alors ! il est tout près du but, il le sens. Il a vu juste, Odile est tombée dans ses filets.

La caméra se retire, zoom arrière, nous découvrons Odile, une femme marié à un riche homme d’affaire. Elle s’ennuie dans sa petite vie bourgeoise et Aldo bien sûr est son nouveau jouet. Elle le veut pour elle, le garder.

Ellipse temporaire, fondu au noir.

Odile présente Aldo à une des connaissances de son mari. Il touche au but, money, money. Le voici devenu porteur de valise.

Il en fait des voyages, le fric tombe, la routine ...

Mais un jour, sur son chemin, il rencontre Svetlana, une jeune maman, qui en dehors de récupérer des sacs plein de billets, travaille brillamment dans la finance.

Plan séquence sur ces deux êtres, échanges de regard, raccord.

Ils sont faits pour être ensemble, ce sont les Bonny and Clyde made in Switzerland.

Les plans défilent, ils ne le savent pas qu’ils sont au cœur de l’engrenage, prêt à être broyer.

La soustraction des possibles ne se raconte pas, elle se vit. Au fil des mots et des pages, le récit ne se construit pas mais se crée sous nos yeux. Avec force, Joseph Incardona interpelle le lecteur à maintes reprises.

Nous aussi, nous sommes acteurs, tels de petites particules qui s’accrochent à un engrenage bien huilé pour faire fonctionner la machine infernale.

La plume de Joseph Incardona est empreinte d’ingéniosité et d’intelligence. Une tonalité qui mêle le brut à la tendresse, un mélange surprenant, étonnant qui fait BOUM.

BOUM en pleine tête, l’auteur s’amuse à jouer avec ses personnages et le lecteur.

BOUM en plein cœur, touché par la lumière, l’amour qui déambule dans cet univers empreint de noirs.

BOUM, impossible de sortir indemne.

Clap de fin

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