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De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic, un thriller au cœur de l’histoire

Mis à jour : 21 août 2019

Une immersion au coeur de la tragédie de Tchernobyl




Une seule date, à retenir, frappante, le 26 avril 1986, il y a eu un avant et il y aura un après la catastrophe de Tchernobyl.

Et c’est sur cette temporalité que Morgan Audic plante le décor : plonger le lecteur au sein de Pripiat, une ville dévastée, située dans la zone d'exclusion mise en place autour de la centrale après la catastrophe. Une atmosphère pesante, froide et en même temps fascinante car on connaît très peu finalement l’après.

L’histoire se déroule trente années plus tard. Le lecteur découvre dès les premières pages que l’on peut visiter Pripiat, certains touristes cherchent ce qu’ils n’ont pas dans leur quotidien : la peur, frôler la mort en visitant le site radioactif. Et ils ne vont pas être déçus, lors de leurs visites, ils découvrent un cadavre atrocement mutilé, suspendu à la façade d’un bâtiment. On confie l’affaire au capitaine Joseph Melnik et sa jeune coéquipière Galina Novak tout droit sortie de l'école. Rapidement, ils découvrent que le cadavre appartient à Léonid Sokolov, citoyen russe. Mais surtout fils du petro-oligarque Vektor Sokolov, ancien ministre de l'énergie en 1986, dont l'épouse et une amie ont été sauvagement assassinées à Tchernobyl… le 26 avril 1986 ! Melnik a un seul objectif en tête : résoudre l’affaire pour sortir de l’enfer de son quotidien, fuir son commissariat situé à Pripiat exposé aux radiations pour vivre normalement à Kiev avec sa femme.

En parallèle, nous découvrons Alexandre Rybalko, policier à Moscou qui est engagé par Vektor Sokolov pour enquêter à titre privé et secrètement sur le meurtre de son fils. Il doit le retrouver et l’éliminer contre une belle somme d’argent. Une motivation pour Rybalko, qui a une maladie incurable à cause des radiations, et qui le sait ne pourra pas protéger sa fille bien longtemps. C’est donc une opportunité pour lui pour financer l’opération de sa fille.

Mais pour ça, il doit se sacrifier, retourner sur les pas de son enfance, s’immerger à nouveau à Pripiat, lieu tragique où sont morts ses parents ; ses rêves envolés.

Deux enquêteurs, deux motivations radicalement différentes vont avoir leurs destins liés. Ils se retrouvent face à une série de meurtres exécutés par un tueur fou qui signe ses crimes d'une hirondelle empaillée. Très vite, l'un et l'autre vont faire le lien avec le double homicide perpétré en avril 1986.

Au cœur d’une ville où règne le vide et le silence sous une atmosphère apocalyptique, une course contre la montre est lancée par les deux hommes pour retrouver le tueur.

De bonnes raisons de mourir, est un thriller palpitant, on retient son souffle au fils des mots, des pages. J’ai dévoré les 500 pages, pas de temps mort, un rythme effréné, une enquête riche en rebondissements et une fin grandiose.

Mais au-delà du suspens, De bonnes raisons de mourir retrace avant tout l’Histoire dans la petite histoire, celle de la tragédie de Tchernobyl. L’auteur tel un détective a excellemment bien documenté son roman, tellement pointu que je pensais qu’il avait grandis en Ukraine et c’est avec stupéfaction que j’ai découvert qu’il a grandi à Cancale !

Vous l’aurez compris, De bonnes raisons de mourir est un véritable coup de cœur, je le recommande chaudement. J'ai eu la chance de le rencontrer, en plus d'être talentueux, c'est une personne très sympathique, j'en garderais un excellent souvenir, merci Albin Michel.


La relève est assurée, dans la lignée de Jean-Christophe Grangé et j’attends avec impatience son prochain roman.